Mylène Gautier est née le 12 septembre 1961 à 5 heures du matin à Pierrefonds,
petite ville située à une trentaine de kilomètres de Montréal.
Elle est la benjamine d'une famille de quatre enfants : Brigitte, née en 1959, Jean Loup, né en 1960
et enfin Michel, né en 1969. Son père, Max, est ingénieur des Ponts et Chaussées et sa mère, Marguerite,
s'occupe de ses enfants. Mylène ne garde pas ou peu de souvenirs de son enfance :
"Le sirop d'érable est un souvenir bête mais sucré. La neige épaisse qui recouvre tout, l'école Ste Marceline,
au Canada, tenue par des sourds. Je n'essaie pas de me créer un personnage, de créer un mystère,
c'est juste que je n'ai pas de souvenirs, que je ne sais pas qui j'étais."
A l'âge de huit ans, Mylène se rend en France, à Ville d'Avray, dans la région parisienne mais ce
déménagement la renferme sur elle-même. Elle s'isole dans l'hôpital pour enfants malades de Garches dont elle est marquée à vie par "le mystère qu'ils gardent" mais se découvre aussi une passion pour les cimetières : "J'adore les cimetières, c'est un des endroits dans lesquels je me sens bien [.]. J'ai retrouvé des lettres de ma grand-mère où elle me disait : Dimanche, je t'emmènerai dans tel cimetière."
A dix-huit ans, elle décide de quitter le lycée, après deux jours passés en terminale L, pour se lancer dans une carrière artistique. Mylène s'inscrit alors au cours Florent et obtient le rôle de Zézette dans Le Père Noël est une ordure : "Jouer me procurait à la fois du plaisir et un vrai déplaisir. J'aimais regarder les autres travailler, c'était un univers que j'aimais bien, mais, par exemple, je n'avais pas très envie de monter sur scène. Etrange ! Je n'ai pas insisté." Elle exerce alors plusieurs petits boulots avant de devenir mannequin : elle apparaît dans une pub pour Ikéa et c'est à elle que l'on doit le fameux "Chat alors ." dans une pub pour Le Chat.
En 1983, elle fait une rencontre primordiale dans sa carrière de chanteuse : celle de Laurent Boutonnat. Il voit en elle des choses qu'elle ignorait. Elle ne souhaitait pas devenir chanteuse mais décide de relever le défi. Avec un ami commun, Jérôme Dahan, Laurent a composé des chansons. Mylène en sera l'interprète : en 1984, elle enregistre "Maman a tort", une comptine légère et ambiguë. Cette chanson sera refusée par les maisons de disques puis, après maintes et maintes reprises, RCA leur signe finalement un contrat. Mylène décide alors de changer de nom : elle choisit Mylène Farmer en hommage à une actrice américaine des années 30 à 40, Frances Farmer, qui fut internée dans un hôpital psychiatrique. En mars 1984 sort le 45T qui s'écoulera à 100 000 exemplaires. La pochette est noir et blanc, Mylène y semble malheureuse. Avec un budget d'à peine 1000 euros, Laurent Boutonnat tourne le clip qui sera censuré par FR3 : on y voit une Mylène, en chemise de nuit assez légère, danser devant trois enfants, armés de fourchette, prêts à la dévorer. Face au succès de cette chanson, Mylène enregistre une version anglaise intitulée "My mum is wrong" et sort "Maman a tort" sous une pochette différente mais rien n'y fait, les ventes ne décollent pas.
La même année, Mylène refuse trois projets : "Bip bou rock'n roll", "L'amour au téléphone" et "I do love you". En 1985, "On est tous des imbéciles" , deuxième single de Mylène, sort avec pour face B un titre inédit : "L'annonciation". Mais, ce titre jettera un froid dans la carrière musicale de la star avec seulement 40 000 exemplaires vendus et malgré le promo envoyé aux radios estampillé "Mylène est une imbécile, et vous ?". Aucun clip ne sera tourné pour ce titre qui sera vite oublié. Cet échec marque aussi la fin de la collaboration entre Laurent et Jérôme qui ne croit plus au succès pour Mylène : rupture du contrat avec RCA. Mylène et Laurent signent alors avec une toute nouvelle maison de disque, Polydor.
La même année, Mylène sort son troisième titre, dont elle écrit les paroles. "Plus grandir" bénéficiera d'un budget plus conséquent. D'abord promu au succès, il sera ensuite censuré par la plupart des radios, jugeant les paroles trop morbides. Un clip est alors tourné : une jeune femme va, dans un cimetière, rejoindre sa propre tombe. La mélancolie et la peur se font déjà ressentir dans les attitudes de Mylène. Ce titre se vendra finalement à plus de 100 000 exemplaires.
Mais, les ventes ne sont pas encore assez conséquentes. Laurent Boutonnat écrit alors en 1986 les paroles de "Libertine" et laisse la musique à Jean-Claude Déquéant. C'est alors que Mylène change de couleur de cheveux, elle opte pour le roux : "Ma couleur naturelle est le châtain foncé, c'était fade [.]. Il y'a eu erreur de la nature, j'aurais du naître rousse !". Avec un budget de 450 000 F, dans la forêt de Rambouillet, Laurent tourne le clip de "Libertine", d'une durée de onze minutes ! Un record pour l'époque ! Pour promouvoir ce titre, il demande aux cinémas de diffuser ce clip avant chaque film. Mais, le jugeant trop long, l'avance est refusée. Laurent décide alors de le diffuser gratuitement dans Paris. L'effet est immédiat : le 45T s'arrache à 500 000 exemplaires. Le titre est si bien accueillit que sortent des 45T spéciaux pour les DJ afin d'être diffusés dans les discothèques.
petite ville située à une trentaine de kilomètres de Montréal.
Elle est la benjamine d'une famille de quatre enfants : Brigitte, née en 1959, Jean Loup, né en 1960
et enfin Michel, né en 1969. Son père, Max, est ingénieur des Ponts et Chaussées et sa mère, Marguerite,
s'occupe de ses enfants. Mylène ne garde pas ou peu de souvenirs de son enfance :
"Le sirop d'érable est un souvenir bête mais sucré. La neige épaisse qui recouvre tout, l'école Ste Marceline,
au Canada, tenue par des sourds. Je n'essaie pas de me créer un personnage, de créer un mystère,
c'est juste que je n'ai pas de souvenirs, que je ne sais pas qui j'étais."
A l'âge de huit ans, Mylène se rend en France, à Ville d'Avray, dans la région parisienne mais ce
déménagement la renferme sur elle-même. Elle s'isole dans l'hôpital pour enfants malades de Garches dont elle est marquée à vie par "le mystère qu'ils gardent" mais se découvre aussi une passion pour les cimetières : "J'adore les cimetières, c'est un des endroits dans lesquels je me sens bien [.]. J'ai retrouvé des lettres de ma grand-mère où elle me disait : Dimanche, je t'emmènerai dans tel cimetière."
A dix-huit ans, elle décide de quitter le lycée, après deux jours passés en terminale L, pour se lancer dans une carrière artistique. Mylène s'inscrit alors au cours Florent et obtient le rôle de Zézette dans Le Père Noël est une ordure : "Jouer me procurait à la fois du plaisir et un vrai déplaisir. J'aimais regarder les autres travailler, c'était un univers que j'aimais bien, mais, par exemple, je n'avais pas très envie de monter sur scène. Etrange ! Je n'ai pas insisté." Elle exerce alors plusieurs petits boulots avant de devenir mannequin : elle apparaît dans une pub pour Ikéa et c'est à elle que l'on doit le fameux "Chat alors ." dans une pub pour Le Chat.
En 1983, elle fait une rencontre primordiale dans sa carrière de chanteuse : celle de Laurent Boutonnat. Il voit en elle des choses qu'elle ignorait. Elle ne souhaitait pas devenir chanteuse mais décide de relever le défi. Avec un ami commun, Jérôme Dahan, Laurent a composé des chansons. Mylène en sera l'interprète : en 1984, elle enregistre "Maman a tort", une comptine légère et ambiguë. Cette chanson sera refusée par les maisons de disques puis, après maintes et maintes reprises, RCA leur signe finalement un contrat. Mylène décide alors de changer de nom : elle choisit Mylène Farmer en hommage à une actrice américaine des années 30 à 40, Frances Farmer, qui fut internée dans un hôpital psychiatrique. En mars 1984 sort le 45T qui s'écoulera à 100 000 exemplaires. La pochette est noir et blanc, Mylène y semble malheureuse. Avec un budget d'à peine 1000 euros, Laurent Boutonnat tourne le clip qui sera censuré par FR3 : on y voit une Mylène, en chemise de nuit assez légère, danser devant trois enfants, armés de fourchette, prêts à la dévorer. Face au succès de cette chanson, Mylène enregistre une version anglaise intitulée "My mum is wrong" et sort "Maman a tort" sous une pochette différente mais rien n'y fait, les ventes ne décollent pas.
La même année, Mylène refuse trois projets : "Bip bou rock'n roll", "L'amour au téléphone" et "I do love you". En 1985, "On est tous des imbéciles" , deuxième single de Mylène, sort avec pour face B un titre inédit : "L'annonciation". Mais, ce titre jettera un froid dans la carrière musicale de la star avec seulement 40 000 exemplaires vendus et malgré le promo envoyé aux radios estampillé "Mylène est une imbécile, et vous ?". Aucun clip ne sera tourné pour ce titre qui sera vite oublié. Cet échec marque aussi la fin de la collaboration entre Laurent et Jérôme qui ne croit plus au succès pour Mylène : rupture du contrat avec RCA. Mylène et Laurent signent alors avec une toute nouvelle maison de disque, Polydor.
La même année, Mylène sort son troisième titre, dont elle écrit les paroles. "Plus grandir" bénéficiera d'un budget plus conséquent. D'abord promu au succès, il sera ensuite censuré par la plupart des radios, jugeant les paroles trop morbides. Un clip est alors tourné : une jeune femme va, dans un cimetière, rejoindre sa propre tombe. La mélancolie et la peur se font déjà ressentir dans les attitudes de Mylène. Ce titre se vendra finalement à plus de 100 000 exemplaires.
Mais, les ventes ne sont pas encore assez conséquentes. Laurent Boutonnat écrit alors en 1986 les paroles de "Libertine" et laisse la musique à Jean-Claude Déquéant. C'est alors que Mylène change de couleur de cheveux, elle opte pour le roux : "Ma couleur naturelle est le châtain foncé, c'était fade [.]. Il y'a eu erreur de la nature, j'aurais du naître rousse !". Avec un budget de 450 000 F, dans la forêt de Rambouillet, Laurent tourne le clip de "Libertine", d'une durée de onze minutes ! Un record pour l'époque ! Pour promouvoir ce titre, il demande aux cinémas de diffuser ce clip avant chaque film. Mais, le jugeant trop long, l'avance est refusée. Laurent décide alors de le diffuser gratuitement dans Paris. L'effet est immédiat : le 45T s'arrache à 500 000 exemplaires. Le titre est si bien accueillit que sortent des 45T spéciaux pour les DJ afin d'être diffusés dans les discothèques.